Cet article s’adresse aux responsables de production, de maintenance et d’amélioration continue des ateliers d’injection plastique, ainsi qu’aux directeurs d’usine qui pilotent un parc de presses. Votre GMAO planifie le préventif et garde l’historique des pannes, mais vos presses perdent aussi du temps en arrêts de quelques secondes et en cycles qui s’allongent sans que personne ne le déclare. Vous y trouverez comment mesurer ces pertes en temps réel, presse par presse et moule par moule, et comment les relier au travail de la maintenance.
- La GMAO documente les arrêts déclarés et organise la maintenance.
- Micro-arrêts et dérive de cycle ne se déclarent presque jamais.
- Un cycle de référence par moule et une mesure automatique les rendent visibles.
- La maintenance reçoit des faits datés, et l’historique reste dans la GMAO.
Ce que la GMAO documente, et ce qui lui échappe
Altensya, éditeur français de logiciel de GMAO, a publié GMAO plasturgie : maintenance des presses à injecter. La page décrit comment organiser la maintenance d’un atelier d’injection : préventif au calendrier ou au nombre de cycles, moule géré comme un équipement rattaché à la presse qui le porte, pièces de rechange liées à l’intervention qui les consomme, périphériques (sécheurs, thermorégulateurs, groupes froids) suivis comme des équipements à part entière. Sur les arrêts, le principe est posé clairement : « L’arrêt se déclare sur l’équipement qui a lâché, la presse, le moule ou le thermorégulateur, avec sa durée et son motif. »
C’est la bonne règle pour la maintenance : un arrêt documenté sur le bon équipement nourrit l’historique, le MTBF et le MTTR. Altensya précise d’ailleurs ce que son outil ne fait pas : il ne lit ni les commandes de presse, ni les automates, ni les capteurs, et ne calcule pas le TRS en temps réel. Reste une zone que la mesure automatique vient couvrir : les pertes trop courtes ou trop progressives pour qu’un opérateur pense à les déclarer. Leur article apporte la méthode de maintenance ; celui-ci traite de la mesure du temps de production.
Trois pertes qu’aucun bon de travail ne capte
Sur une presse à injecter, les arrêts longs se voient et se déclarent : une fuite hydraulique, une résistance de buse grillée, un moule à démonter. Les pertes suivantes passent presque toujours sous le radar.
| Perte | Ce qui se passe sur la presse | Pourquoi personne ne la déclare | Ce que la mesure automatique montre |
|---|---|---|---|
| Micro-arrêts | Pièce restée dans l’empreinte, carotte mal éjectée, robot de préhension en défaut, alarme acquittée au pupitre | Chaque arrêt dure de quelques secondes à une minute, l’opérateur relance sans ouvrir de demande | Leur nombre et leur durée cumulée par poste, par moule et par heure |
| Dérive du temps de cycle | Refroidissement ou maintien allongé après un réglage, presse qui tourne sous la cadence de la fiche de réglage | La presse produit, aucun arrêt n’apparaît, la perte se dilue sur la journée | L’écart entre cycle réel et cycle de référence, et le moment où il a commencé |
| Redémarrage après changement de moule | Mise en température, purge, premières pièces écartées, retouches de réglage | Le changement est déclaré, pas la phase de stabilisation qui le suit | La durée réelle entre l’arrêt de la presse et le retour à la cadence de référence |
| Attentes des périphériques | Matière pas assez sèche, thermorégulateur hors consigne, trémie vide | L’arrêt est attribué à la presse, ou pas attribué du tout | Des arrêts répétés aux mêmes heures ou sur les mêmes moules, qui orientent vers l’équipement en cause |
Prises une à une, ces pertes semblent négligeables. Par exemple, une presse dont le cycle passe de 30 à 32 secondes produit environ 6 % de pièces en moins, toute la journée, sans qu’un seul arrêt soit enregistré.
Méthode pas à pas pour suivre arrêts et cycles sur une presse
La méthode se teste sur une ou deux presses, de préférence celles qui portent les moules les plus chargés, avant d’être étendue au parc.
- Fixer un temps de cycle de référence par couple presse et moule. Il vient de la fiche de réglage validée, pas de la moyenne observée : une moyenne intègre déjà la dérive que vous cherchez à voir.
- Définir le seuil de micro-arrêt. Au-delà d’une certaine durée sans cycle, la presse est considérée à l’arrêt. Écrivez ce seuil, appliquez-le à toutes les équipes et ne le changez plus.
- Capter le cycle automatiquement. Un signal par cycle, par exemple l’ouverture du moule, suffit à reconstituer la cadence réelle, les arrêts et les micro-arrêts, sur toutes les équipes, nuits et week-ends compris.
- Qualifier les arrêts longs au moment où ils se produisent. L’opérateur donne le motif à la presse, avec le même découpage que la GMAO : presse, moule, périphérique. Mesure et maintenance parlent alors le même langage.
- Lire trois indicateurs chaque semaine. L’écart entre cycle réel et cycle de référence, le nombre de micro-arrêts par poste, le Pareto des arrêts par moule. Un moule qui monte dans ce Pareto d’une semaine à l’autre mérite d’être examiné avant sa prochaine sortie.
- Transmettre à la maintenance ce qui la concerne. Une dérive de cycle liée au refroidissement, des micro-arrêts d’éjection en hausse sur un moule : le technicien ouvre la demande d’intervention dans la GMAO, et l’historique de l’équipement reste complet.
Mesure et GMAO : qui fait quoi
Les deux approches ne se recouvrent pas, elles se répondent. La GMAO organise l’entretien : quoi, quand, avec quelles pièces et avec quel historique. La mesure automatique dit comment la presse a réellement utilisé son temps : production, ralentissement, arrêt. Concrètement :
- Le compteur de cycles devient fiable. Un préventif déclenché au nombre de cycles n’est juste que si le relevé l’est. Un comptage automatique des cycles par moule donne au technicien une valeur réelle à reporter, plutôt qu’une estimation.
- Les durées d’arrêt sont mesurées, pas reconstituées. Le début et la fin d’un arrêt long sont horodatés ; la durée saisie dans la GMAO repose alors sur un fait, et les indicateurs de fiabilité y gagnent.
- Les signaux faibles remontent plus tôt. Par exemple, des micro-arrêts d’éjection qui augmentent semaine après semaine sur un même moule orientent vers un contrôle des éjecteurs ou des évents avant la panne franche.
- L’effet d’une intervention se vérifie. Après une maintenance, la presse revient-elle à son cycle de référence ? La courbe le montre dès le poste suivant.
Le rôle de TEEPTRAK : mesurer, pas planifier la maintenance
TEEPTRAK mesure en temps réel le TRS, les arrêts et les micro-arrêts de chaque presse, ainsi que la cadence réelle comparée à la cadence de référence. Un module câblé dans l’armoire électrique et un capteur en bord de ligne s’installent en environ une heure par machine, sans connexion à l’automate de la presse, et le TRS est disponible en 48 h. Chaque arrêt est horodaté avec sa durée, puis qualifié par l’opérateur. TEEPTRAK n’est ni une GMAO ni un MES : il ne planifie pas le préventif, ne gère pas les pièces de rechange et ne pilote pas les ordres de fabrication. Il fournit la mesure du temps de production sur laquelle production et maintenance peuvent s’appuyer. Plus de 700 usines dans plus de 30 pays l’utilisent, avec en moyenne 30 % d’arrêts non planifiés en moins.
Pour aller plus loin
- GMAO plasturgie : maintenance des presses à injecter (Altensya)
- TRS en plasturgie et injection plastique 2026 : presses, cycles, moules, SMED
- Éliminer les micro-arrêts : Pareto, top 3 causes racines et chantier SMED ciblé
FAQ
Faut-il connecter les presses à la GMAO pour suivre les arrêts ? Non. La mesure des arrêts et des cycles peut se faire avec un capteur et un module indépendants de la commande de la presse, sans toucher à l’automate. Les informations utiles à la maintenance sont ensuite reprises dans la GMAO par les équipes, selon vos règles internes.
Quel seuil choisir pour un micro-arrêt sur une presse à injecter ? Il n’existe pas de valeur universelle : le seuil dépend du temps de cycle de vos moules. L’essentiel est de l’écrire, de l’appliquer à toutes les équipes et de ne plus le changer, sinon les tendances ne sont plus comparables d’une semaine à l’autre.
La dérive de cycle relève-t-elle de la maintenance ou du réglage ? Des deux, selon la cause. Un refroidissement allongé pour compenser un circuit encrassé relève de la maintenance du moule ; une cadence réduite après un changement de matière relève du réglage. La mesure montre quand la dérive a commencé, ce qui aide à trancher.
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